Ernst Bloch: marxisme et "sympathie" pour l'occultisme. Résumé d'un article de Mikheil Kakabadze.
Article initialement publié le 04/12/2025 sur https://esoterisme.substack.com/p/ernst-bloch-marxisme-et-sympathie
ÉSOTÉRISME, CULTURE ET POLITIQUE
2/1/202613 min read


Ce post consiste en un résumé d’un très récent article1 qui revient sur le rapport ambigu que la pensée d’Ernst Bloch (1885–1977) entretient avec l’occultisme, entre critique et sympathie. Ce texte semble s’inscrire dans un mouvement de fond d’une partie des chercheurs sur l’ésotérisme, qui s’efforce de nuancer l’opinion répandue, y compris au sein de l’université, qui conçoit les intellectuels marxistes de l’École de Francfort comme des ennemis irréductibles de l’occultisme dans son ensemble2
L’auteur introduit son article par la mention d’un hommage radiophonique à l’oeuvre de Bloch, diffusé en 1965, dont l’auteur est Theodor W. Adorno (1903–1969), dont les Thèses contre l’occultisme (1947), et en particulier la phrase “l’occultisme est la métaphysique des imbéciles”, sont bien connues. Soulignant le courage intellectuel de Bloch et son influence sur sa propre pensée, Adorno remarque cependant que son oeuvre “prospère au bord de l’échec, en étroite proximité avec sa sympathie pour l’occulte”. Kakabadze confirme les affinités de Bloch pour l’occultisme, et souligne qu’elles nuancent la réputation des philosophes qui se réclament du marxisme et de la théorie critique d’amalgamer occultisme, irrationalisme et fascisme. L’article se concentre sur l’analyse des écrits d’entre deux guerres, et notamment Héritage de ce temps (1935). Ce texte est pourtant souvent présenté comme une origine possible de l’amalgame sus cité. Une lecture plus attentive montre cependant que Bloch considérait que les thèmes de l’occultisme et de l’irrationnel était négligés à son détriment par la gauche politique, et s’efforçait à la fois de “distiller les éléments philosophiquement récupérables de l’occultisme”, et de ““réoccuper” politiquement l’irrationnel”. L’auteur rappelle que Bloch est connu comme le philosophe de l’utopie et de l’espérance, ainsi que l’influence que de nombreuses figures de l’ésotérisme ont exercé sur lui, dont Jacob Boehme, Franz von Baader ou même Rudolf Steiner, malgré les critiques sévères qu’il adresse à ce dernier, en particulier dans le livre cité. Kakabadze soutient, d’une part, que l’enjeu est pour Bloch la nature de la théorie marxienne du matérialisme dialectique et le danger politique de négliger “l’irrationnel” dans la société, et d’autre part que sa lecture de l’occultisme doit être située dans le contexte de sa théorie esthétique du montage, exprimée lors de la controverse inter-marxiste sur l’expressionnisme.
L’auteur rappelle à nouveau que les marxistes et théoriciens critiques sont souvent dépeints comme à l’origine d’une association entre occultisme et ésotérisme d’une part, et irrationnel et fascisme d’autre part. Avec Adorno, l’intellectuel marxiste qui a le plus contribué à cette association est Georg Lukács (1885-1971) en particulier dans son livre La Destruction de la Raison (1954), dans lequel il se livre à une généalogie de “l’irrationalisme”, de la Naturphilosophie de Schelling à Adolf Hitler et au nazisme. Au cours de la réaction de cet ouvrage, il était en correspondance constante avec Bloch, qu’il mit au défi de “sauver” Nietzsche, et critiqua “l’irrationalisme” de Héritage de ce temps. Dans ce livre, Bloch cherche à comprendre la réussite du nazisme et l’échec de la gauche allemande. L’un des reproche adressé aux seconds est d’avoir échoué à prendre en compte les “espoirs et désirs irrationnels des masses”, ce que le nazisme a au contraire réussi à faire, quoique de façon mensongère. Leur privation n’est pas seulement matérielle, et les besoins liés à la subsistance coexistent avec ceux de l’imagination, qui, s’ils dérivent sans doute en derniers recours des conditions socio-économiques, n’y sont pas facilement réductibles, et encore moins remédiés: “Mais tout ce qui est “irrationnel” ne se réduit pas à de la bêtise qu’il est possible de dissoudre”3. L’irrationnel, pour Bloch, n’est pas seulement l’opposé de la rationalité, mais est une forme de conscience qui est en tension avec la forme de rationalité contingente et historiquement déterminée qui est propre à l’industrie capitaliste et qui est un mode d’organisation et d’administration du monde. Or, les contradictions internes de cette forme de rationalité ne font qu’alimenter en réaction les oppositions irrationnelles. Le marxisme vulgaire ne résoudra pas les aspirations qui se manifestent par celles-ci en les qualifiant d’arriérées, et un “marxisme aux yeux ouverts” doit savoir discerner en elles des “noyaux de vérité” et des “sources valides de négation”. Il doit les “occuper et rationaliser” pour éviter qu’elles ne finissent par alimenter l’idéologie capitaliste. S’il rejoint l’interprétation classique du nazisme comme instrument violent du capitalisme pour éviter le communisme, il souligne cependant les malaises de cette alliance, le second reposant sur une forme de rationalité et le premier étant irrationnel. L’ouvre de Bloch ne se résume donc pas à une lutte philosophique contre la “régression dans l’irrationnel”, mais comporte également une mise en garde contre le danger d’abandonner “l’irrationnel” à l’extrême-droite, ce qui fait à la fois perdre une opportunité de mobilisation des masses et contribue à la popularité du nazisme. Il distingue la foi révolutionnaire en des “mystères rouges” qu’il défend et la “métaphysique” des classes dominantes. L’irrationnel n’est pas à ses yeux réductible à une régression ou à une fausse conscience réactionnaire, mais incarne également une forme d’espoir.
Le concept central de Héritage de ce temps est la “non-contemporanéité” (Ungleichzeitigkeit), la coexistence à tout moment donné de l’histoire de différentes temporalités, différentes manières de se situer au temps. Parallèlement aux contradictions propres à l’économie capitaliste, certaines couches sociales existent culturellement et socioéconomiquement dans des formes de production en principe révolues, notamment les paysans, les classes moyennes et la jeunesse. Ces anachronismes ne sont pas à rejeter purement et simplement comme de la nostalgie réactionnaire. Le romantisme anticapitaliste de la paysannerie de l’Allemagne de Weimar, par exemple, ne se résume pas à un état d’esprit arriéré et un échec à comprendre les préoccupations contemporaines du prolétariat, mais reflète une forme valide de résistance contre l’aliénation de la vie capitaliste et d’une relation sans entrave avec la nature. Elle illustre en ce sens un autre concept de Bloch, celui de super-contemporanéité (Übergleichzeitig), c’est-à-dire l’idée que le passé contient en germe des notions de futurs possibles, et préfigure la notion de “pas encore” qu’il développera systématiquement dans Le Principe espérance (1954-1959). Cependant, ces désirs non contemporains peuvent être instrumentalisés, notamment dans le cas de la classe moyenne qui contrairement au prolétariat n’a pas un rapport direct mais intermédiaire à la production, dans lequel peut se développer un “espace illogique”, qui peut nourrir des formes de romantisme et de “mythisme”. Cependant, ce ne sont pas ces dernières qui la rende influençable par la droite, mais leur méconnaissance des causes de son aliénation, qui l’amène à accepter des solutions “illogiques”. Comme Trotski, il rapproche la survivance, dans les campagnes et dans les classes moyennes, de la croyance au surnaturel, au merveilleux de l’adhésion aux mythes raciaux et antisémites et de la montée du nazisme, mais en des termes plus ambigus.
Kakabadze se penche ensuite plus spécifiquement sur le chapitre “Paganisme et fantastique occulte” de Héritage de ce temps4. Il reproche à l’essayiste (et spécialiste d’Evola) Hans Thomas Hakl, dans un texte sur les critiques marxistes de l’ésotérisme, d’avoir cité partiellement un passage5 du texte sur les “deux visages de l’occultisme”, en ne présentant que celui négatif, comme illustration de la fascisation de la bourgeoisie et de sa transition du libéralisme à l’autoritarisme, et en omettant le second potentiellement plus positif, comme autocontradiction et rejet par la bourgeoisie de sa propre idéologie. Bloch distingue entre le mécanisme bourgeois initial, et l’usage de l’analyse scientifique qui lui a permis de désenchanter l’obscurantisme de l’ancien régime, et un “enchantement froid” (cold enchantment6) qui nait du besoin de se défendre de l’appropriation par le prolétariat des outils de la raison et de la science et qui l’amène à créer ses propres formes de mysticisme. S’il masque des intérêts de classe, il ne se résume pas pour autant à de la pure superstition, mais constitue une formulation correcte du “problème-de-la-chose-en-soi”, c’est-à-dire l’impénétrabilité foncière de la nature, irréductible à une conception mécanique de la matière, “la matière non percée par le mécanisme” (p. 154, souligné par Bloch). Donc, s’il associe l’occultisme avec la réaction fasciste et la montée du nazisme, en visant notamment l’anthroposophie de Rudolf Steiner dont il estime que seuls son caractère international et les intérêts d’autres pays en son sein l’ont empêchée de totalement basculer en faveur de Hitler, il soutient que “cela n’épuise ni le contenu social ni même le contenu objectif, le contenu qui, si l’on peut dire, se rapporte à la nature, de ce néo-occultisme” (Bloch, p. 154). Il va plus loin, et dans la section finale du chapitre, intitulée “qualité cachée" (p. 161 et 162 ), il critique Engels, pourtant “si souvent hardi et profond”. Lui et d’autres marxistes “se détournent d’emblée peut-être trop vite des phénomènes occultes et archaïques, comme si le monde avait fini avec le rationalisme militant de 1880” et suggère que le concept de nature “contient davantage que la pression et le choc, davantage que des mottes de terre mécaniques qui tournent autour de chaudrons; il contient aussi des qualités cachées qu’il faut mettre en rapport, des qualités qui s’opposent paraphysiquement7 à l’automatisme de l’entendement bourgeois: l’effroi par exemple, la terreur panique, le bonheur panique, la “beauté naturelle”, et ce que celle-ci, encore incomprise, manifeste”. Il ne s’agit cependant pas de rejeter le matérialisme dialectique mais de le purifier de ses scories mécanicistes. Dans un autre texte, Das Materialismusproblem (1972), Bloch développe une philosophe de la nature et de son impénétrabilité qui oppose à une épistémologie mécaniste et quantitative une ontologie des symboles cachés qui se réfère explicitement à la théorie des signatures de Boehme et Paracelse. Il décèle cependant dans la thèse de Engel de la transformation de la quantité en qualité quelque chose qui le mettrait davantage du côté de la théosophie de Boehme que de l’empirisme de La Mettrie. Le tort des communistes de Weimar a été de négliger le sentiment anti-mécanisme des couches non-contemporaines de la société et d’avoir adopté un langage et une vision du monde mécanistes qu’elles associent précisément à leur aliénation. Le marxisme doit pouvoir occuper dialectiquement le “front irrationnel” et ne pas seulement être compris comme encore une forme de “mécaniques vides”.
Kakabadze note qu’Adorno et Benjamin ont tous les deux exprimé des critiques sur Héritage de ce temps mais qu’ils ne les ont jamais développées. Deux autres intellectuels marxistes ont par contre exprimé des objections approfondies à ce livre, et spécifiquement sur les sujets de l’occultisme et de l’irrationnel: Hans Günther (1899–1938) et Georg Lukács. Le premier, un économiste politique réfugié en URSS, publia en 1935 en 1935 un ouvrage sur le nazisme, Der Herren eigner Geist, dans lequel il qualifia Héritage de ce temps d’”extraordinairement intéressant”. Cependant, il publia la même année un compte-rendu de lecture du même livre dans lequel il reprocha à Bloch ses efforts pour trouver des éléments révolutionnairement exploitables dans des idéologies réactionnaires et irrationnelles. L’opposition romantique des paysans et des classes moyennes aux capitalisme est certes récupérable dans sa posture contestataire, mais pas dans son contenu. Il convient qu’il serait contreproductif d’exiger d’alliés contre le fascisme et le capitalisme l’abandon de leurs croyances irrationnelles, mais le but est de renforcer leur opposition, et non leurs croyances. Il reproche à Bloch d’affaiblir l’anticapitalisme en le mélangeant à l’irrationnel et à l’occultisme. Lukács, lorsqu’il rendit compte de Héritage de ce temps dans un texte longtemps inédit, commença par rappeler que l’antifascisme et l’opposition au capitalisme de Bloch ne faisaient aucun doute. Cependant, il lui rapproche une conception trop étroite de l’économie de Marx et un rapport non critique au romantisme anticapitaliste qui l’amènent à trop concéder à des courants de pensée réactionnaires. Il va plus loin que Günther dans la critique en contestant l’existence même d’un potentiel révolutionnaire de l’irrationnel, d’une “irratio authentique” qui s’opposerait à une “irratio frauduleuse”. L’idéalisme qu’il lit dans la perspective de Bloch ne peut à ses yeux ne mener qu’à la réaction, et que celui-ci tente de sauver jusqu’à l’occultisme démonter le danger de sa méthode “fallacieuse”. “Peut-être pour sauver sa réputation à la lumière de telles critiques”, Bloch tourna en ridicule dans un texte de 1937 une série d’articles qui critiquaient les procès staliniens et émettaient l’hypothèse d’un recours à l’hypnose et à des substances psychoactives pour extorquer des accusés des confessions, en parlant de “fausse clairvoyance “ et en allant, pour défendre l’intégrité du régime stalinien, jusqu’à les comparer aux théories sur la réincarnation de Rudolf Steiner. Kakabadze note cependant que, Bloch ayant été jusqu’à sa mort un partisan de la parapsychologie, il est difficile de ne pas penser que cette critique ait eu des motivations cachées, et que de toute façon, s’il s’agissait d’une tentative de se dissocier de l’”irrationalisme”, elle échoua à convaincre ses camarades.
Les critiques ressurgirent dans le cadre du débat sur l’expressionisme allemand, une polémique interne à l’esthétique marxiste, dictée en partie par les exigences de l’Union Soviétique et par la volonté de distinguer entre les formes progressistes et réactionnaires du modernisme culturel. Ce débat avait pour origine un texte de Lukács publié en 1934 et intitulé ““La grandeur et le déclin” de l’expressionnisme”, dans lequel il reproche à ce courant artistique d’être un pseudo-radicalisme petit bourgeois dont les aspirations mystiques et irrationnelles pavent la voie du fascisme. Avant le début de la polémique proprement dire, Bloch, dans Héritage de ce temps, déplore déjà que Lukács, “ce penseur par ailleurs si significatif”, ne voit pas l’opposition révolutionnaire non contemporaine et son contenu irrationnel authentique dans l’expressionnisme. Kakabadze lie la position de Bloch sur l’occultisme à sa théorie esthétique, et notamment à sa conception du montage. Il donne à ce concept, issu du cinéma, une extension philosophique beaucoup plus large: l’idée est que la société bourgeoise se trouve dans un état de dissolution, mais il n’associe pas seulement ce dernier terme à la décadence mais aussi à un relâchement et à une libération de ses formes culturels, qui deviennent disponibles à des recombinaisons plus subversives, qu’il s’agissent de l’expressionnisme, du jazz, du surréalisme etc. Dans les sections de Héritage de ce temps8 consacrées au montage, il oppose au courant de la Nouvelle objectivité, qui masque la réalité sous une apparence de stabilité, l’expérimentation avec les esthétiques de la fragmentation et de la dissolution. Quoique celles -ci soient conçues par Bloch à la fois comme une conséquence de la décadence bourgeoise et une diversion capitaliste, une “intoxication”, la juxtaposition par le montage d’éléments culturels disparates permet de “nouvelles associations” qui “préfigurent un ordre nouveau”. Là encore, Lukács et Günther sont en désaccord: le premier estime que réassembler des artefacts de l’ordre bourgeois ne peut rien signifier d’autre qu’un symptôme de la décadence, et que cela traduit de la part de Bloch une conception de la culture comme une braderie sans vie dans laquelle chacun peut piocher à volonté, et le second juge qu’il ne comprend pas la nature du montage bourgeois et le rôle qu’y jouent les relations sociales capitalistes. Pour illustrer les liens de la théorie du montage de Bloch avec sa conception de l’occultisme, Kakabadze compare divers passages de Héritage de ce temps qu’il consacre, d’une part au romancier James Joyce, et d’autre part à Rudolf Steiner9, spécifiquement les montages littéraires du premier et l’éclectisme “confus” du second. Dans le premier cas, il célèbre un “monument” du surréalisme. Dans le second, il ironise sur la “trivialisation” du mythe, et sur le “travestissement” des sciences naturelles. Cependant, si rien du système en lui-même de Steiner n’est à sauver, il reste possible d’y “chercher de l’or” et d’y trouver parfois, enfouis sous le “montage ésotérique”, du matériel digne d’intérêt:
(…) la théosophie [de Steiner], en fouillant dans la boue et dans des décombres jadis religieux, tombe parfois sur des portiques de temples que l’archéologie de bonne foi n’a pas vus, et exhume des figures que l’historien de la religion, et même le philosophe de la religion n’ont pas reconnues comme telles et ne pouvaient pas reconnaître comme telles”.10
Kakabadze en conclut que, s’il est vrai que Bloch est devenu très critique de l’anthroposophie dans les années 1930 envoyant ses membres se rallier graduellement au nazisme, il est exagéré de considérer, comme c’est parfois affirmé, qu’il a totalement rompu avec son ancienne passion pour l’anthroposophie.
Les tentatives de Bloch de “sauver l’occultisme et l’irrationnel” continuèrent à lui poser des problèmes après la seconde guerre mondiale. Tout d’abord célébré comme philosophe dans la RDA où il enseignait en université, il y fut dénoncé à partir du milieu des années 1950 comme un “idéaliste mystique”. Sa philosophie de la nature “romantique” et “idéaliste”, ainsi que son intérêt pour la magie et les “spéculations alchimiques” furent dénoncés avec virulence, dans les actes d’un conférence intitulée Ernst Blochs Revision des Marxismus (1957) par son collègue Rugard Otto Gropp (1907-1976). Son autre collègue Johannes Heinz Horn lui reproche dans le même ouvrage d’avoir voulu recréer une “vision du monde totalement qualitative” et d’avoir voulu intégrer à l’inventaire du marxisme des considérations occultistes. Cependant (outre, ce qui n’est pas mentionné dans l’article, son passage à l’ouest en 1961):
All attempts at purifying Bloch of his occultist “contaminations”, however, would fail to succeed. Not even Adorno’s ‘Theses against Occultism’ could bring Bloch to budge from his “sympathy for the occult”. On the contrary, in a late interview from the 1970s, Bloch would draw on Adorno’s famous phrase ‘occultism is the metaphysics of dunces’, but only in order to continue to distinguish between “fraudulent” and “genuine” manifestations of the occult.
1 Mikheil Kakabadze, “Sympathy for the Occult. Ernst Bloch, Antifascism, and Marxist Debates on the Irrational”, 17/9/2025, DOI: https://doi.org/10.1163/15700593-tat00031
2 Cf. note 6 de l’article résumé.
3 Page 7 de l’édition française: Ernst Bloch, Héritage de ce temps, Klinsieck, “Critique de la politique”, 2017, Trad. et présentation de Jean Lacoste
4 Pages 152 à 161 de l’édition française.
5 Passage situé p. 153: “L’”occulte” aujourd’hui a un double visage, et son visage fasciste
6 L’édition française traduit: “l’envoûtement glacé” (p. 53).
7 Traduction française. Le texte anglais de l’article de Kakabadze traduit, d’une façon qui me semble plus à propos, par “parapsychologically”. Il faudrait regarder le texte allemand original.
8 P. 183 à 189 de l’édition française.
9 Bloch consacre à la critique de Steiner une section entière de Héritage de ce temps, intitulée, dans l’édition française, “L’épicerie du mystère comme grande entreprise” (p. 157 à 160).
10 P. 159 de l’édition française.